Reconnaissance
L'improvisation, UNE DISCIPLINE ENFIN RECONNUE
Pendant longtemps, l’improvisation théâtrale a occupé une place un peu particulière dans le paysage culturel. Présente sur les scènes depuis des décennies, portée par des artistes professionnels et suivie par un public nombreux, elle ne bénéficiait pourtant pas de la même reconnaissance institutionnelle que les autres disciplines des Arts de la scène : le théâtre, la danse, la musique, le cirque, les arts de la rue ou encore le conte.
Et cette absence n’avait rien d’anecdotique. En Fédération Wallonie-Bruxelles, le décret Arts de la scène constitue le cadre dans lequel sont reconnues et soutenues les disciplines du spectacle vivant professionnel.
Ce décret organise notamment les différents mécanismes de subventionnement permettant aux artistes, compagnies et structures de créer, produire, diffuser et inscrire leur travail dans la durée.
Ne pas y voir apparaître l’improvisation, c’était donc laisser toute une discipline professionnelle dans un angle mort.
En Belgique francophone, les professionnel·les du secteur décident alors de se rassembler. En 2021, en pleine crise du Covid, les scènes sont à l’arrêt et le secteur profite de cette pause forcée pour se réunir, réfléchir et se structurer.
C’est dans ce contexte que naît UNI-T, l’Union d’Improvisation Théâtrale, dont la Ligue d’Impro est membre. La photo de cette toute première réunion en garde d’ailleurs un petit témoignage d’époque.

2022 : UNE ÉTAPE HISTORIQUE
Le 20 juillet 2022, une étape décisive est franchie : la Fédération Wallonie-Bruxelles inscrit officiellement l’improvisation dans son décret relatif à la reconnaissance et au subventionnement du secteur professionnel des Arts de la scène.
Quelques mots ajoutés à un texte législatif, mais un changement essentiel : l’improvisation théâtrale entre officiellement dans le paysage des arts professionnels reconnus en Fédération Wallonie-Bruxelles.
Cette reconnaissance ne constitue toutefois pas la fin du chemin. UNIT poursuit aujourd’hui son travail pour que les spécificités de la création improvisée soient réellement prises en compte dans les mécanismes de soutien, de financement, de diffusion et de concertation du secteur culturel.

DU QUÉBEC À LA BELGIQUE
Cette bataille pour la reconnaissance ne s’est pas menée uniquement chez nous.
Au Québec, berceau du Match d’Impro, le Théâtre de la LNI a lui aussi porté pendant plusieurs années un important travail de reconnaissance et de structuration de la discipline dont la Belgique s'est inspirée.
En 2016, après le dépôt d’un manifeste, l’Assemblée nationale du Québec adopte à l’unanimité une motion reconnaissant l’improvisation comme un courant artistique emblématique de la culture québécoise, une forme d’expression unique et une discipline artistique à part entière.
Cette reconnaissance a ensuite ouvert la voie à un vaste travail de recherche et de structuration du secteur québécois.
Des deux côtés de l’Atlantique, le constat est finalement le même : l’improvisation n’est pas seulement une formidable école de spontanéité ou un spectacle populaire. C’est un art exigeant, porté par des artistes qui travaillent, répètent, se forment, créent et développent un langage théâtral bien particulier.

Et près de cinquante ans après la naissance du Match d’Impro, cet art instantané continue encore à conquérir sa juste place dans le paysage culturel.